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Cocréation / Co-innovation - Ecrit par on Mercredi, 2 juillet 2014 12:00 - 1 Comment

Les imprimantes 3D vont-elles impacter la relation client ? 1/2

Il y a quelques semaines, l’un de mes confrères, professionnel de la Relation Client externalisée, m’a informée de l’ouverture de sa boutique  d’imprimantes 3D.

Ma première réaction a été l’étonnement. Quel rapport avec la Relation Client ?

Matthieu-Bruckert_Cubeek3D
Matthieu-Bruckert_Cubeek3D

D’abord, il faut savoir que ce confrère qui porte le nom de Matthieu Bruckert, est un businessman avide de tendances et souvent sur la brèche, d’un point de vue business, évidemment. Il est aujourd’hui, PDG de Cubeek 3D.

Il m’a donc invitée à venir assister à l’impression d’une prothèse dentaire dans ses bureaux. Histoire de voir par moi-même, ce qu’impression 3D, veut dire.

J’avoue que j’ai été bluffée par la qualité du produit qui en est sortie, mais pas trop par la rapidité !

Pendant ce temps là, nous avons eu un échange riche et intéressant, notamment en ce qui concerne l’impact de l’impression 3D sur les Clients, que j’ai heureusement enregistré, sur mon smartphone.

Je partage donc avec vous cette conversation !

Lidia Boutaghane (LB) : Alors, Matthieu, toi le professionnel de la Relation Client externalisée, tu t’es laissé séduire par la 3D ?

Matthieu Bruckert (MB) : Oui. En fait, la 3D est et va devenir encore plus un marché prometteur. Lors du salon 3D Printshow de novembre dernier à Paris, j’ai rencontré un engouement incroyable ! J’y ai exposé et les prospects n’ont pas tous réussi à nous rencontrer, tellement nous étions sollicités. Il y a véritablement de la curiosité et de l’attrait pour la 3D ! Les imprimantes 3D permettent de faire sortir l’objet de l’écran, quelques heures après la conception, même si c’est une maquette d’une maison individuelle, d’une pièce industrielle ou d’une structure géante que l’on veut construire. Quelque soit l’objet, la 3D fascine !

LB : Qui sont les acteurs de la 3D et comment est structuré le marché ?

MB : Pour l’instant il y a une gamme industrielle avec 2 marques très fortes : Stratasys et 3D System. Ces gros faiseurs américains sont sur le marché depuis 30 ans et s’adressent à des professionnels. Ce sont les 2 plus gros acteurs qui émettent des brevets et rachètent les concurrents, pour mieux les absorber. Leurs imprimantes se vendent entre 150 K€ et 1 Md’€.

Ces gros regardent de haut, ces acteurs du B2C, qui arrivent sur le marché avec des imprimantes à 2 000 € ! Mais selon moi, ceux qui ne prendront pas le train au bon moment risquent d’être largués. En fait, ces gros acteurs ne savent pas s’adresser à des petits clients.

De l’autre côté, on a le marché des sociétés de services, comme Cubeek 3D, pour le marché grand public et professionnel. Si ces entreprises se focalisent uniquement sur ce marché de l’imprimante à 2000 € pour grand public, à mon avis, il n’y a pas d’avenir ! Car les gros de la distribution et du e-Commerce, comme Darty, Amazon, CDiscount, vont arriver très vite, monopoliser le marché et les prix vont chuter. C’est pour cela que chez Cubeek 3D, nous adressons à la fois aux professionnels et aux consommateurs.

Il y aura un marché pour le service : dépannage, entretien et formation. Là, j’y crois ! Ensuite, il y a tout un marché des consommables : si les gros vendent des imprimantes dont il faut acheter leurs propres cartouches, avec les imprimantes 3D développées de façon communautaire, on peut les acheter n’importe où !

imprimante_Cubeek3D

LB : Ça laisse rêveur, un consommateur qui peut imprimer lui-même le produit qu’il imagine ?

MB : Surement, mais d’après Gartner, la 3D va rentrer dans une phase de désillusion car si on écoute les journalistes, tout le monde, c’est-à-dire le grand public, va avoir demain son imprimante 3D ! Or, cela ne risque pas d’arriver aussi vite, car M. Toulemonde va s’apercevoir que pour imprimer un objet 3D, cela nécessite quelques compétences de CAO !

Mais pour le moment, on en est au balbutiement de la 3D, c’est pour cela que l’on trouve sur le marché des scanners 3D. Les technologies existent déjà, mais les gens vont devoir se les approprier : scanner le produit, le personnaliser et l’imprimer.

LB : D’où ton intérêt pour le marché professionnel ?

MB : Oui. Les machines industrielles étaient très chères, cela coutait beaucoup d’argent de faire produire en sous-traitance. Maintenant, les professionnels vont pouvoir s’en acheter une. Ils seront ainsi plus autonomes, plus réactifs et plus rapides.

Plus réactifs car cela peut prendre 1 à 2 semaines quand on a affaire à un sous-traitant et lorsqu’il faut effectuer des modifications, ça peut devenir assez long !

Plus rapide car il y a accélération du processus et ré-industrialisation, car au lieu de faire fabriquer en Chine, on va aller au FabLab du coin et en quelques jours, on aura ses pièces disponibles.

C’est sans compter les usages que l’on n’imagine pas ! Les machines sont là, mais à quoi d’autres vont-elles servir ? Tout le monde sent que la nouvelle révolution industrielle arrive, mais on ne sait pas encore comment elle va se concrétiser…

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LB : Et Cubeek 3D, dans tout ça ?

MB : Cubeek vend des machines qui vont de 2 000 € à 100 000 €. Ensuite, notre catalogue est volontairement multi-marques. Car on est persuadé qu’il n’existe par d’imprimante 3D à tout faire. Mais peut-être existera t-elle, un jour ?

Nous avons décidé de mettre au catalogue des machines dédiées au marché de l’éducation, qui soient sympas et design. Mais aussi pour les professionnels de l’édition et les industriels, pour des pièces fonctionnelles. Il s’agit d’industriels dont les besoins ne sont pas en phase avec l’offre du marché des très grosses imprimantes 3D, car jusque là, inaccessibles en termes de prix.

Notre but est de faciliter l’accès des professionnels à ce marché : leur éviter de chercher le site Web des fabricants et d’effectuer un paiement par carte bancaire à 5 000 € et d’attendre 3 mois que la machine soit fabriquée ! D’ailleurs lors du 3D Printshow, nous avons récolté des feedbacks positifs des clients sur l’usage de ces machines, mais négatifs, en ce qui concerne le service, car les vendeurs ne parlent pas français !

Aujourd’hui, personne ne fait cela en France. Nous proposons chez Cubeek 3D un catalogue qui permet de réduire les délais de livraison, une boutique pour venir tester les machines, du conseil et de la formation.

Cebarco-Building-Print

LB : Et vous faites du service d’impression ?

MB : Non justement, Cubeek 3D ne fait pas de service d’impression à la demande ! Et les clients peuvent s’adresser à un FabLab. Cubeek3D est le lien entre les fabricants et les FabLab et renvoie les demandes vers ces deux acteurs.

Les FabLab sont utiles aux distributeurs comme Cubeek 3D car ils vont porter la bonne parole. Plus les gens vont trouver de l’utilisation à l’impression 3D, plus ils vont vouloir leur propre imprimante 3D.

Chez Cubeek 3D nous estimons que les professionnels qui commencent à sous-traiter chez un FabLab, un jour trouveront que ça leur revient cher et achèteront leur propre imprimante 3D. Et puis, lorsqu’ils seront débordés, ils retourneront au FabLab du coin…puis ànouveau, ils achèteront une seconde machine, etc.

C’est une véritable révolution et il y a de la place pour tout le monde. Plus on verra de FabLab, de démonstrations et plus on les verra dans les boutiques, mieux ce sera !

À suivre : la fin de la conversation avec une focalisation sur la Relation Client et le Collaboratif Client. 

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Les imprimantes 3D vont-elles impacter la relation client ? 2/2 | Client au coeur : stratégie client et marketing collaboratif
juil 8, 2014 12:01

[…] Cet article est la suite de la conversation, entamée la semaine dernière, avec Matthieu Bruckert, CEO de Cubeek 3D concernant les imprimantes 3d et leur impact sur les clients. Pour lire la 1ère partie, c’est ici. […]

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