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Cocréation / Co-innovation - Ecrit par on Mardi, 8 juillet 2014 12:00 - 0 Comments

Les imprimantes 3D vont-elles impacter la relation client ? 2/2

Cet article est la suite de la conversation, entamée la semaine dernière, avec Matthieu Bruckert, CEO de Cubeek 3D concernant les imprimantes 3d et leur impact sur les clients. Pour lire la 1ère partie, c’est ici.

Lidia Boutaghane (LB) : Matthieu, quelles sont les machines qui se vendent bien, par segment de clientèle ?

Matthieu Bruckert (MB) : Comme je le disais précédemment, le marché du grand public est prématuré, pour le moment. Excepté quelques early-adopters…Toutefois, celles qui se vendent bien sont les Replicator de Makerbot.

Ensuite, il existe des imprimantes comme la Beethefirst, plus design, pour une population captive de ce genre de produits comme les architectes.

La LeapFrog est une machine plus industrielle, idéale pour les prototypes.

La Up! fait un carton dans le monde de l’enseignement, car il est proposé une solution globale incluant des contenus pédagogiques.

Bref, chaque métier peut trouver sa machine !

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LB : Comment utiliser en formation une imprimante 3D pour faire une démo d’une pièce d’usinage, par ex. ?

MB : Il y a tout à faire avec ces machines. Nous, nous mettons à disposition une boutique, une formation pour la prise en main, mais à eux d’imaginer ce à quoi cela peut servir et d’inventer leur objet.

LB : Justement, Matthieu, tu sais que mon métier c’est le collaboratif client, qui consiste, notamment, à intégrer le client dans la phase de création / innovation d’un produit. Comment vois-tu l’impact de l’impression 3D sur ce type de processus ?

MB : Dans toute la phase d’idéation, on se sert du papier. Mais dans la phase Design Thinking, on fait une maquette papier et l’imprimante 3D peut aider à sortir rapidement un produit, pour le faire valider auprès des clients co-créateurs puis retourner vers l’imprimante, pour imprimer les modifications suggérées par les clients.

On est dans le gain de temps, dans une dynamique où la créativité ne s’essouffle pas. On peut imaginer un panel client qui va manipuler l’objet imprimé, donner son avis et impacter le rendu final du produit. Un architecte va pouvoir montrer à son client à quoi va ressembler sa future maison.

Il faut savoir quand même, que moins les machines fonctionnent, plus elles sont lentes ! Par ex. un petit vase d’une hauteur de 8 cm prend jusqu’à une heure pour être imprimé.

Des petites machines peu chères, sont lentes. Alors que des machines professionnelles ou semi-professionnelles vont être plus rapides et proposer de la couleur, de l’effet bois, pierre, différentes matières : ABS, qui est un plastique dur, il y a aussi des plastiques souples, du nylon, des matières hydrosolubles, phosphorescentes, thermodynamiques, etc. On est en plein bouillonnement et ça évolue très vite. D’ailleurs, Cubeek 3D est fournisseur de scanners, matériaux et consommables.

Les modes de fabrication évoluent aussi, les imprimantes 3D permettent de faire ce qu’un moule traditionnel ne sait pas faire, par ex.

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LB : J’ai vu que certains sites vendent des programmes…

MB : En effet, il existe des banques d’objets sur Internet. On y trouve des fichiers pour programmer une machine. La propriété intellectuelle du fichier sera indépendante de l’objet, lui-même, car chaque personne va se créer, voir personnaliser son propre objet. Tu peux acheter le fichier qui te permet d’imprimer la coque de ton smartphone, par ex.

LB : Oui, mais je vois poindre un problème de taille !

MB : Je vois à quoi tu penses ! Soit les gens qui créent les fichiers et qui ont la propriété intellectuelle vont réagir aussi bêtement que les professionnels de la musique, il y a quelques années…et cela les mènera à leur perte !

Soit, ils trouveront une manière intelligente d’être rémunérés, car il le faut ! Le but, c’est de faciliter le développement de ce marché

Si on ne veut pas avoir encore une offre légale plus pauvre que l’offre pirate, il faudra s’adapter aux changements et ne pas s’accrocher à l’ancien modèle !

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LB : J’ai lu qu’il y a des débouchés prometteurs en médecine et chirurgie…

MB : Oui car on peut faire des pièces modèles pour les cours de médecine, mais c’est surtout le marché de la prothèse qui va être révolutionné.

Cela me rappelle, le cas du bébé sauvé parce qu’on a imprimé en 3D la pièce qui permettait de lui faire une trachéotomie. Des médecins américains ont créé une prothèse bio-résorbable via impression 3D, afin d’élargir la trachée et les poumons affaissés d’un nouveau-né. Le bébé a pu être sauvé !

L’imprimante 3D pourra imprimer une prothèse de hanches personnalisée.

On parle déjà d’impression de peau, de cellules souches…mais cela reste encore en phase de R&D car il y a le problème de compatibilité. Bientôt, peut-être pourra t-on rêver que la scène du Cinquième Élément où l’on reconstitue l’un des personnages clés [ndlr : Lilou], à partir de cellules souches, deviendra réalité !

LB : Cela me semble bien compliqué tout ça ! Que ce soit pour le consommateur lambda ou le professionnel. Je pense notamment aux artisans…Quelles compétences faudra t-il avoir ?

MB : Savoir utiliser un logiciel de CAO, surtout. Et c’est là, la difficulté, car utiliser la machine, c’est simple !

Soit ces fameux artisans ont déjà le fichier 3D. Soit on trouve un modèle, qu’on peut personnaliser. Car ils ont déjà des commandes numériques.

Par contre, concernant les consommateurs, je pense à un marché, celui de l’électro-ménager, qui pourra profiter de l’impression 3D ! Car sur le marché, il existe des produits en marque blanche fait en Chine, dont la qualité n’est pas toujours au rendez-vous et qui tombent en panne une fois la garantie finie. On peut imaginer imprimer le bouton d’un lave-vaisselle qui est cassé, par ex. au lieu de changer toute la machine ! Idem, pour la cuve ou le pale d’une machine à pain !

En termes de relation client, j’imagine que tout l’intérêt est que les clients exigent des marques de fournir les fichiers des pièces détachées avec l’achat du produit afin que le consommateur puisse faire fabriquer la pièce défectueuse où bon lui semble.

Les marques les plus intelligentes sont celles qui vont anticiper cela ! On imagine très bien, en quoi cela impacte la qualité de l’expérience client !

Mais, comme il y a de plus en plus de produits dans les rayons, donc mettre à disposition toutes les pièces de toutes ces machines suppose beaucoup de place de stockage, de personnel de commande et de livraison et donc d’argent !

Les consommateurs seront certainement prêts à payer cette pièce détachée à la demande, au FabLab du coin ! Cela leur permettrait de faire de la marge et d’augmenter en même temps la satisfaction client. Par la suite, je vois bien les marques qui pourraient proposer de le faire, elles-mêmes.

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LB : Je vois à la longueur de notre entretien que ce sujet te passionne énormément et que tu y crois ! Je te remercie pour ton riche témoignage et te souhaite bon vent, comme on dit, chez nous, en Bretagne !

MB : Merci et suis-nous sur Facebook et Twitter, Lidia !

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