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Innovation et valeur d’usage

lidia| 17 juin 2008 8:00

Selon Philippe Mallein, auteur de la méthode CAUTIC™ (Conception Assistée par l’Usage pour les Technologies, l’Innovation et le Changement) et chercheur au CNRS, une innovation n’a de chance de réussir que si elle a une signification d’usages pour l’utilisateur.

L’utilisateur doit en apprécier son sens, c’est-à-dire les significations qu’il attribue dans son propre système de valeur à l’innovation qui lui est proposée. Elle doit prendre un sens positif par rapport à l’environnement quotidien de l’utilisateur, ses savoir-faire, ses relations, ses valeurs culturelles et son imaginaire.
Ses significations d’usages s’expriment selon la façon dont les utilisateurs vivent et conçoivent l’innovation :

  • Selon leurs techniques coutumières
  • Selon leurs pratiques quotidiennes
  • Selon leurs identités professionnelle et privée
  • Selon leurs environnements professionnel et privé

Des critères permettent d’évaluer la possibilité d’assimiler la technique nouvelle à ses savoir-faire coutumiers, d’intégrer l’innovation dans ses pratiques courantes, de s’approprier l’innovation à son identité professionnelle et privée et enfin d’adapter l’innovation à son environnement.

Philippe Mallein propose une classification des types de clients selon différents critères psychologiques :

  • La sociabilité : degré d’ouverture / fermeture aux autres
  • La temporalité : l’échelle va de la rupture à l’inertie
  • Le soi : selon que le sujet s’impose ou qu’il soit un individu objet de son environnement
  • Le territoire : de l’appropriation sans limite au refuge dans une citadelle

Grâce à ces échelles, il en dégage 4 profils d’attitudes face à l’innovation et au changement et que l’on peut mettre en parallèle avec la segmentation de Moore :

  • Les passionnés : rupture / faiseurs de mode / changement / utopie / prise de risque maximale / sorite du jeu pour cause d’ennui.
  • Les pragmatiques : opportunisme / efficacité maximale / utilité / rupture acceptée / risques maîtrisés / confiance dans l’avenir.
  • Les suiveurs : attentisme / souci d’efficacité / utilité de gestionnaire / trajectoire continue / lissage des ruptures / risques faibles / normalisateur / délais de décision long.
  • Les objecteurs : conformité, inertie / ancrage dans la tradition / décision aléatoire / avenir = continuité / angoisse du changement / peur du risque.

Source : CAUTIC – Innover dans le sens de l’usage – Philippe Mallein

Cocréation et rétribution

lidia| 24 octobre 2006 21:52

Certaines entreprises mettent à contribution des clients, des consommateurs ou le grand public mais en plus rétribuent les gagnants.

C’est le cas de Lego avec sa Lego Factory : des enfants ou des fanas de Lego sont invités en visitant le site Web à dessiner des modèles (en utilisant une application simple téléchargeable gratuitement, directement sur le site) et donc à participer au grand prix. Dernièrement, les modèles des vainqueurs du concours furent produits en masse et mis en vente sur la boutique Shop@Home. En contrepartie, les vainqueurs reçurent 5% de royalties sur chaque boite vendue. Désormais, les modèles dessinés par les clients font partie du catalogue officiel de Lego.

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trinkhanf.jpgUn industriel autrichien a sollicité ses clients pour l’enrichissement de sa gamme de lait aromatisé Trinkhanf. Frenkenburger (c’est le nom de l’entreprise agroalimentaire) a mis au défis ses clients de créer de nouveaux parfums en utilisant des fruits, des herbes et tout autre ingrédient naturel. La recette gagnante décidée par un jury partira en production. Le gagnant sera rétribué à hauteur d’un centime d’euro par bouteille vendue.

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freebeersml.gifVous connaissiez la « bière open source » ? C’est le brasseur danois Voresvores-ol.jpg ∅l qui a lancé l’idée. La recette de cette bière est publiée sous la licence Creative Commons (tout comme client au cœur) ce qui signifie que n’importe qui peut l’utiliser pour produire cette bière ou en faire un produit dérivé, tant que les brasseurs publieront leur recette sous cette même licence. Chacun peut donc produire et vendre cette bière, voire même utiliser le design et la marque Vores ∅l.

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Comment mobiliser une communauté de clients ?

lidia| 10 octobre 2006 21:57

Créer une communauté n’est pas une fin en soi. Cette communauté doit aider l’entreprise à atteindre les buts fixés. Il faut impliquer davantage la communauté. Il faut définir les buts fixés :

  • Identifier des solutions à des problèmes ordinaires
  • Identifier des idées d’innovation
  • Réduire les bogues ou mauvais fonctionnement des logiciels ou de tout autre produit de l’entreprise
  • Contrecarrer les buzz (bruits / bouche-à-oreille) négatifs ou incorrects
  • Réduire les coûts
  • Augmenter la participation extra-communautaire à des événements

Pour mobiliser une communauté, il faut :

  • Mettre à sa disposition un site Web
  • L’entreprise doit s’engager d’un point de vue organisation à tenir compte des données / remontées de la communauté
  • Des récompenses afin de reconnaître et de remercier pour l’aide de ceux qui s’impliquent.

Toutefois, rien de neuf sur le principe, les entreprises qui ont réussi jusqu’à présent ont toujours été à l’écoute de leurs clients. Ce qui change aujourd’hui, c’est qu’avec les nouvelles technologies, cela devient plus rapide, plus facile et moins coûteux à mettre en œuvre que par le passé.
Le nerf de la guerre de demain sera le degré auquel une entreprise pourra mobiliser, activer et impliquer sa communauté de clients dans le processus d’accomplissement de leurs objectifs.

La Cocréation (3ème partie) : la communauté

lidia| 9 août 2006 15:35

Comme nous avons pu le découvrir dans les articles précédents, l’augmentation de la connaissance des clients est une priorité pour toute entreprise qui se veut centrée client ou qui tente de le devenir via des programmes de fidélisation.

Un des outils qui permet de mieux connaître ses clients consiste à initier ou présenter une plateforme permettant la création d’une communauté virtuelle autour d’un produit ou d’une marque. Cette communauté consiste en un véritable laboratoire marketing grâce auquel on peut mieux connaître ses clients et prendre la pleine mesure de leurs besoins.

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Qu’est ce qu’une communauté ? C’est un groupe social ayant des caractères, des intérêts communs. On parle de communauté virtuelle lorsque celle-ci s’établit au moyen d’une plateforme Internet. En marketing, les communautés virtuelles influencent le marché et leur puissance est liée à leur capacité de mobilisation. Il peut y avoir :

  • des communautés de métier (les graphistes, par exemple, qui travaillent aussi bien chez un imprimeur que dans une agence de communication ou le service marketing d’une entreprise),
  • des communautés verticales qui fédèrent toute une filière (les professionnels du meuble : fabricants, distributeurs, designers, fournisseurs de matières premières, etc.),
  • des communautés tribales (associations, clubs de loisirs, etc.)
  • des communautés de professionnels au sein d’une entreprise virtuelle (intranet et extranet)
  • des meta-communautés englobant de nombreuses communautés
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La communauté sur le site Web doit pouvoir communiquer, échanger, partager et accessoirement consommer. Ainsi, sur les forums et autres lieux d’échanges, on trouve des habitués, des gens d’une même sensibilité avec des centres d’intérêt communs. Les individus ont tendance à créer sur Internet des groupes sociaux au même titre que dans la vie réelle. C’est un peu comme la télé réalité. Les marques et les médias laissent la place au public pour s’exprimer, inventer, critiquer. Sauf qu’ils vont plus loin car ils apportent des solutions : ils créent de la valeur.

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Que peut-on attendre d’un consommateur porte-parole de la marque ? De créer une relation forte avec eux, car :

  • Ils recommandent vos produits avec beaucoup de fougue à leurs amis, voisins et collègues
  • Ils croient en votre entreprise et ses salariés
  • Ils achètent vos produits ou services comme si c’était un cadeau
  • Ils fournissent des appréciations spontanément ou des suggestions d’améliorations
  • Ils pardonnent des maladresses occasionnelles
  • Pas besoin de les « acheter » : ils vous brossent un portrait élogieux gratuitement (en référence aux stars qu’il faut payer cher)
  • Ils sentent qu’ils appartiennent à quelque chose qui les dépasse

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Attention à ne pas confondre client fidèle et client évangéliste. Le client fidèle revient souvent acheter mais il n’est pas pour autant un évangéliste : il ne va pas vous faire de la publicité, vous recommander et sentir qu’il adhère à votre esprit d’entreprise ou votre marque et encore moins s’impliquer dans votre activité.

(A suivre)

IDEALX initie un club de clients contributeurs qui mutualisent pour cocréer de la valeur

lidia| 29 juillet 2006 13:51

Cerise sur le gâteau ! On vient de me faire découvrir le premier Club de Clients Contributeurs Européens créé par IdealX. Voici en quelques lignes en quoi cela consiste. Créée en 2000, IdealX innove, développe et commercialise des logiciels Open Source (logiciels libres) en mutualisant.

IDEALX.JPGRiche de 200 membres dont 80 actifs, elle intervient sur 3 domaines informatiques liés à la sécurité. Leur but commercial est d’innover plus vite et de mettre sur le marché des logiciels libres crédibles, concurrents des logiciels propriétaires. Mais aussi de garantir la pérennité des solutions proposées (maintenance) et faire des économies d’échelle tout en restaurant la confiance disparue entre clients et éditeurs. Sa cible : les grandes entreprises et les administrations.

Beau programme !

Voyons comment ils s’y sont pris. Tout d’abord le nerf de la guerre : l’argent ! Ils sont aller chercher des moyens financiers à la hauteur de leur ambition grâce à la souscription et à la mutualisation auprès de clients ayant un besoin commun. Ils ont utilisé des outils collaboratifs : site d’échanges sécurisé, liste de diffusion, groupes et sous-groupes de travail et réunions plénières.

Le résultat fut la création de nombreuses offres logicielles et l’acquisition de produits du marché. Des produits qui ont rencontré un franc succès. Aujourd’hui, IdealX est un acteur incontournable dans le monde des éditeurs Open Source et dans celui de la sécurité informatique.

Le parcours fut long et semé d’embûches :

  • Il a fallu convaincre des clients qui avaient des besoins mutuels qu’ils pouvaient travailler ensemble.
  • Ce type de fonctionnement (mutualisation) est nouveau et comme tout nouveau modèle nécessite beaucoup de temps pour se faire accepter. La politique du changement n’est pas chose aisée…
  • Lutter contre l’ego des uns et des autres.
  • Mutualiser un projet dans le cadre des administrations en France c’est quasiment mission impossible.
  • Lutter contre les tentatives de récupérations de toute part.

Bref, malgré tout cela et avec beaucoup de méthode et de travail, IdealX a réussi son pari.

Cet exemple rentre bien dans le cadre de notre concept ClientauCoeur.com en ce sens qu’il montre que l’on peut faire rentrer ses clients au cœur d’un projet, d’une activité, d’une entreprise afin de travailler sur un projet commun, dans le cadre d’un plan commun avec rigueur et la bonne volonté de chacun. Mutualiser nécessite selon IdealX :

  • Un leader légitime car reconnu
  • De la transparence quelque soient les situations
  • De l’accompagnement
  • De l’engagement
  • De la continuité

Car l’histoire n’est jamais totalement finie pour un logiciel, l’un des membres joue le rôle de l’éditeur et s’engage.