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Chronique d’une déception non annoncée…

lidia| 21 octobre 2008 8:00

Voici une petite anecdote personnelle digne d’intérêt pour notre sujet : le marketing client.

Comme des millions d’internautes, j’attendais mardi soir dernier, avec impatience pour prendre connaissance des annonces produits Apple, tout particulièrement, pour découvrir la confirmation de la rumeur sur le fameux Macbook à 800 USD. Mon but : me l’acheter, de suite.

Habituellement, j’accorde difficilement foi aux rumeurs. Mais cette fois-ci, j’espérais, j’y croyais, car comme beaucoup, elle m’arrangeait… De plus, la situation économique mondiale aidant, la thèse de produits Mac toujours d’aussi bonne qualité mais plus compétitifs en termes de prix me paraissait crédible. Mais surtout, des spécialistes professionnels (des analystes) avaient fait une étude très sérieuse sur les gains qu’apporterait à Apple une baisse du prix du Macbook en termes de parts de marché, de revenus et de marge. À l’image du iPod et du iPhone, qui ont tous deux subit une baisse de leur prix, le Macbook allait, lui aussi, devenir compétitif face à des portables HP ou Dell. Donc, j’y croyais et j’attendais depuis longtemps.

Mais voilà, la nouvelle qui tombe : le Macbook est à 999 dollars !
Déception pour la communauté Mac, pour moi aussi et ceux qui espéraient y entrer, et ce, dans le monde entier.

Mais quelle raison a fait qu’Apple a préféré se passer de 50 à 60 % des parts de marché correspondant à ce segment de prix de portables ? Des analystes ont confirmé l’insuffisance de cette baisse (lire ici et ). Mais Apple a jugé qu’il était préférable de garder un certain niveau de prix, peu importent que ses clients actuels et potentiels espèrent le contraire.

Et maintenant, revenons à l ‘achat de mon portable, parce que j’en ai vraiment besoin, pour mon travail.  À la maison, nous sommes équipés de trois systèmes d’exploitation : Mac et Linux sur deux ordinateurs fixes pour la bureautique et Windows pour les jeux vidéos de notre enfant. Je fais donc partie de la communauté Mac, depuis plusieurs années.
J’apprécie la fiabilité, l’ergonomie, la richesse, la qualité et la sécurité attachés à notre Mac Mini, acheté à un prix très compétitif.  Mon expérience vécue des produits Mac est très positive. Mais je ne suis pas dupe, des pc portables chez Sony, HP ou Dell, de qualité équivalente, équipés du système d’exploitation Linux (qui d’ailleurs propose des interfaces graphiques Mac-like) sont tout autant compétitifs.

Et pourtant, c’est l’aspect identitaire qui va primer durant quelques heures, dans mon acte d’achat. Je me sens appartenir à la communauté Mac et je ne veux pas en sortir car je m’y sens bien. Je veux perpétuer cette expérience client dans mon activité professionnelle.

Mais mon prix psychologique était justement 800 USD (à peu près 600 €), or le Macbook est à 950 € en France ! Comme j’ai starifié Mac, que je considère cette marque comme une amie, que je me sens appartenir à un style de vie Mac, à une tribu Mac, je suis donc prête à mettre beaucoup plus que prévu pour me l’offrir. Il faut dire que le Macbook 13’’, entrée de gamme à coque blanche, est bien une entrée de gamme.

Et mon mari, histoire de compliquer les choses mais surtout de m’ouvrir les yeux, me trouve un Vaio 15’’(Sony) à 500€ (-50% par rapport à mon Macbook rêvé), nettement plus puissant avec une véritable carte graphique. Mais gris.

Et là, je redescends sur Terre ! Je me dis que j’étais sur le point d’acheter une marque et non un produit ! J’allais sacrifier la « reason why » (la raison pour laquelle j’achetais un portable) sur l’autel du marketing fondé sur la marque. Si mon budget m’avait permis d’acheter le nouveau Macbook alu extra plat (au premier prix de 1 200€), soit. Car dans ce cas, j’aurais acquis un produit avec une valeur ajoutée évidente, un produit qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Mais le Macbook 13’’ entrée de gamme, blanc n’est pas compétitif !

J’ai failli céder au marketing one-to-many et c’est le marketing many-to-many qui m’a repêchée. Des études comparatives, des discussions en ligne, des comparateurs de prix m’ont permis d’affiner et de valider mon choix : ce ne sera pas le couple Mac – Apple mais Linux – Vaio. Livraison mercredi.

Apple a perdu une cliente. Mais combien y a t-il de clients comme moi dans le monde ?
Est ce qu’Apple va perdre aussi mon mari qui souhaite acheter un nouveau Mac Mini, plus puissant ? C’est un fan du Mac Mini. Or Apple n’a pas fait de mise à jour depuis 14 mois ! Plutôt rare chez Apple… Le Mac Mini serait-il trop peu cher pour Apple ? Combien y a t-il de clients comme mon mari dans le monde ?

Non seulement, Apple refuse ce gain de parts de marché, évoqué ci-dessus, mais en plus, il risque de perdre des clients. Écouter et converser avec ses clients, c’est très important pour une entreprise, car au-delà de l’adulation pour la marque, il y a le bon sens. Et les consommateurs ont du bon sens

Marketing 2.0 : comment interagir avec le client

lidia| 11 juillet 2008 8:00

Être une entreprise centrée-client c’est donc collaborer et interagir avec ses clients.
Pour cela, il faut revoir progressivement sa façon de penser le marketing : ne plus le centrer sur les produits mais sur le client. Comme je l’ai dit dans plusieurs articles, avant d’en arriver à la cocréation avec le client, il faut d’abord œuvrer à devenir une entreprise centrée-client en mettant en place progressivement une politique et des outils d’interaction et de collaboration avec le client.

La direction générale et le marketing devront opter pour une politique marketing permettant de :

  • Miser sur l’expérience de consommation client. C’est-à-dire, tout faire pour améliorer le vécu du client par rapport au produit, au service acheté ou aux moyens de communication et de promotion (site Web, campagne de publicité, catalogue produit).
  • Améliorer la compréhension des processus cachés de consommation influençant les comportements des consommateurs (voir mon article sur les besoins implicites des consommateurs). Ce fut le cas avec Swiffer de Procter & Gamble.
  • Stimuler la créativité stratégique pour proposer des réponses créatives et proactives aux problématiques de conquêtes des marchés. La capacité à penser en dehors des schémas préconçus est une source de développement. Ce fut le cas avec Findus et leurs innovations modérées fondées sur les usages (voir mon article sur la valeur d’usage en marketing).

L’interaction avec le client c’est aussi la collaboration avec le client. La collaboration est le processus par lequel deux individus ou plusieurs travaillent ensemble, de façon synchrone ou asynchrone, pour accomplir un objectif spécifique, où toutes les parties ont droit de regard sur les processus (définition de Ronni T. Marshak in Collaborating with customers).

Pourquoi collabore t-on avec les clients ?

  • Pour résoudre des problèmes : le client apporte son aide. Le responsable du service client et le client collaborent pour résoudre un problème quelconque, lié au produit ou service.
  • Pour cocréer avec les clients : les clients, les fournisseurs et partenaires cocréent de façon collaborative de nouvelles fonctionnalités, procédés ou produits (voir mon article sur IdealX).
  • Pour collaborer sur un projet : vos clients et vos collaborateurs peuvent travailler ensemble sur un projet bien délimité.
  • Pour fournir de l’expertise : c’est lorsque clients et fournisseurs fournissent des conseils précieux les uns aux autres, basés sur l’expérience et l’expertise.

La collaboration avec le client doit être un moyen et non un but. C’est un ensemble de services et d’interactions qui peuvent être nécessaires pour atteindre un objectif plus large.