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Les lecteurs silencieux des communautés

lidia| 8 juillet 2008 8:00

Je me suis beaucoup intéressée, jusqu’à présent, aux membres actifs d’une communauté de clients : les clients inventeurs, les clients contributeurs, les clients promoteurs, etc. (Voir mon article sur les différents types de clients actifs du Web 2.0).

On se demande souvent pourquoi les internautes qui fréquentent les communautés et qui ne prennent part à aucune contribution continuent de la fréquenter. Qu’est ce qu’ils font de toutes ces informations glanées sur le site ?

Ce sont des internautes rôdeurs qui fréquentent le site sans être actif. Mais si vous analysez les statistiques de connexion et les comportements de la communauté, seuls 1 à 4 % de tous les membres publient des articles, commentaires et seulement 20 à 30 % se font connaître en répondant à un sondage, en postant un message, se faisant interviewer ou montrant tout autre signe de présence. Ce qui laisse un large pourcentage de gens qui fréquentent de façon répétée sans être actif en apparence. (voir l’article où figurent les statistiques de Forrester de son étude « Social Technographics »)

Ils suivent un cheminement prévisible. Mais que font-ils et pourquoi diable continuent-ils de venir ? En fait, ils utilisent de façon intensive et sérieuse les informations qu’ils trouvent sur le site communautaire. Ils ont tendance à utiliser les informations obtenues en ligne dans la vraie vie et dans certains cas, de façon plus active que les contributeurs ou membres actifs.

Pour traquer ces lecteurs silencieux, il suffit d’analyser les statistiques de connexion, les impressions, les transferts de liens et pages utilisés. Certains utilisent ces informations lors de réunions au bureau, ils contactent par téléphone ou e-mail, lors de conférence ou de colloques des confrères rencontrés au sein de la communauté en ligne.

En conclusion, les lecteurs silencieux sont, en fait, des membres actifs d’une communauté en ligne. Ils ont seulement pris la décision de ne pas se rendre visible sur l’espace en ligne. Ils ont choisi de faire connaître leur connexion à cette communauté dans le monde réel, dans le monde du face à face, mais pas dans le monde virtuel.

Les différents types de communautés de clients (2ème partie)

lidia| 1 juillet 2008 8:00

Comme on peut le voir, tous ces types de communautés correspondent à des objectifs différents - connaître et converser avec ses clients, aider ses clients, vendre plus, collaborer avec ses clients : création et ou promotion de produits - et à des profils de clients bien définis (inventeurs, contributeurs, promoteurs, gourous et experts consultants).
Elles peuvent être initiées par des clients ou une entreprise. On peut les classifier selon le degré d’ouverture : fermée et sur invitation ou ouverte.

Les entreprises les plus innovantes sont fortement impliquées dans le marketing communautaire. Elles proposent une communauté pour chaque profil de clients. C’est le cas de Mozilla qui propose :

  • Une communauté de développeurs pour les clients inventeurs,
  • Une communauté de débuggeurs pour les clients consultants,
  • Une communauté d’aide technique et d’assistance pour les clients gourous,
  • Une communauté pour promouvoir leur logiciel pour les clients promoteurs,
  • Une communauté transversale de contributeurs qui contribuent du code jusqu’au logo.

Au client de choisir la communauté à laquelle il souhaite adhérer.

Les différents types de communautés de clients (1ère partie)

lidia| 27 juin 2008 8:00

Au départ, on s’intéresse aux communautés en ligne uniquement pour le contenu. Puis, au fur et à mesure que la communauté grossit, l’interactivité entre ses membres commence à s’établir.

Lorsque l’on parle de communautés en ligne, on a tendance à penser uniquement aux forums de discussion. Or, une communauté en ligne contient quatre aspects qui en font un « écosystème numérique » :

  • Du contenu, sans oublier le contenu généré par les membres
  • Des événements (autour des invités, événements virtuels ou dans le monde réel)
  • Interactions entre membres lors de forums de discussion, blogs, wikis, podcasts, appels téléphoniques
  • Proximité : informations en mode  « push » que ce soit sous forme de newsletter, sondages, études et récoltes d’informations qualitatives et quantitatives.

Les autres critères de choix de communautés sont selon l’initiateur - par une entreprise ou des utilisateurs / clients - selon qu’elles soient ouvertes ou fermées. Dans tous les cas, elles doivent exister pour répondre à un objectif donné : augmenter les ventes, mieux connaître les besoins des clients, co-créer avec les clients, augmenter la notoriété de la marque, etc.

Les communautés privées de clients inventeurs :
Il s’agit de communautés privées : on y rentre sur invitation. Elles font appel à des professionnels (designers ou marketeurs, par exemple) comme les sociétés Unilever, Staples, Hallmark, Kraft… Ces entreprises utilisent des communautés pour que les clients passionnés, technophiles et inventeurs parlent de leur vie, de leurs goûts, de leurs besoins et leurs attentes par rapport aux produits.

Les communautés externes :
Ces communautés sont lancées par les clients eux-mêmes. Par exemple, celle des utilisateurs de Lego (Lugnet) ou encore celle des utilisateurs de logiciel Business Object (BOB). Les membres de ces communautés créent et améliorent des produits ou des solutions.

Les communautés sponsorisées par les entreprises :
Ces communautés sont des forums de discussion du grand public ou des clients qui sont hébergées, modérées et financées par les entreprises elles-mêmes. Par exemple, le forum de discussion de National Instrument (voir mon article sur le sujet) ou encore celui de Cisco ou Amazon.
Les membres de ces communautés répondent aux questions des uns des autres, fournissent de l’assistance en ligne, suggèrent des améliorations et partagent des innovations.

Les communautés libres de production collective :
Certaines communautés sont ouvertes au public, c’est le cas des forums de développement de produits comme celui de Mozilla, Digium et Bioforge.net. Leurs membres co-développent des produits en contribuant par leur talent et leur disponibilité pour satisfaire leurs besoins en fonctionnalité produit et en testant et utilisant les contributions de chacun.

Les communautés de fans :
Il s’agit de communautés dans lesquelles les clients promeuvent, vendent et hâtent l’adoption des produits de la société. Deux exemples : Karmaloop Street Team (communauté des fans de la marque de vêtements streetwear Karmaloop) et Spread Firefox Community (communauté des fans du logiciel de navigation Internet Firefox).
Ces fans sont complètement impliqués dans un guerilla marketing pour évangéliser et accélérer l’adoption du produit par le grand public ou d’autres personnes susceptibles de se reconnaître à travers cette marque.

Les communautés collaboratives de codesign :
Il s’agit de communautés de clients que l’on encourage à customiser (personnaliser) et développer des produits, à publier des commentaires et voter pour les créations des autres internautes de la communauté et à créer des produits dérivés.
C’est le cas des communautés comme Flickr, celle de la BBC (BBC’s Backstage), Threadless, etc.

Comment choisir la bonne technologie 2.0 (1ère partie)

lidia| 30 mai 2008 8:00

Dans notre article sur « la stratégie de communautés à mettre en œuvre » basé sur une analyse de Forrester Research, il est question des 5 types d’objectifs que le Web social permet de cibler : l’écoute, la discussion, la stimulation, l’aide et le ralliement.

Rappelons que les technologies du Web social ou Web 2.0 permettent avant tout d’interagir avec les clients et de mettre en relation les clients entre eux. L’Internet avec toutes ses déclinaisons technologiques (communautés en ligne, blogs, RSS, wikis, widgets, forums, réseaux sociaux, revue de produits, sites aggrégateurs, vidéo en ligne, etc.) permet de favoriser, gérer et réguler toutes ces interactions.

Quelque soit l’objectif assigné, il existe une technologie plus appropriée.

Toujours d’après Forrester, voici les usages que l’on peut faire de ces technologies du Web social :

Pour écouter les clients : les communautés de recherche et l’image de marque en ligne.

  • Plusieurs marques de produits de grande consommation ont utilisé des communautés privées pour écouter les clients afin de faire des recherches sur les produits, gagner en perspicacité sur les motivations des clients : GlaxoSmithKline, Kellogg’s, DelMonte, etc. Pour mesurer la réussite de cet outil, il suffit de comparer la qualité et le coût des informations glanées grâce à cette communauté avec celles obtenues grâce à des études de marchés classiques ou à des focus groups.
  • Surveiller la notoriété et la popularité de votre marque permet de contrôler l’image de marque de votre entreprise et de vos produits. Les blogs et les forums de discussion permettent d’identifier les influenceurs-clés sur votre marché. Ils permettent de percevoir les changements d’opinion des gens en ligne : ils apportent des indicateurs précoces et permettent de réfléchir sur la façon dont les gens perçoivent sincèrement votre entreprise. Une façon d’apprécier l‘efficacité du contrôle de l’image de marque serait de mesurer le bouche-à-oreille relatif à une campagne marketing. On peut également comparer les coûts engendrés avec ceux d’une étude de clientèle.

Dans ces deux cas, une équipe en interne sera chargée d’écouter et d’observer les clients.

A suivre…

Stimuler sa communauté de clients

lidia| 27 mai 2008 8:00

Comme le précise Patricia Seybold dans son ouvrage Outside Innovation (Collins Edition), toutes les entreprises qui ont fait collaborer leurs clients à l’innovation de produits sont des entreprises en forte croissance, telles que Lego (jouets), Mozilla Firefox (logiciel de navigation Web), Staples (fournitures de bureau) et bien d’autres. Pour illustrer cet article, je prendrai comme exemple celui de National Instruments :

Plus l’entreprise s’intéresse à tous les profils de clients  cocréateurs, plus leurs relations durent et s’approfondissent et plus les innovations sont importantes et le succès au rendez-vous.

Pour cela, il faut stimuler sa ou ses communautés de clients. Comment ?

  • Observez vos clients au sein de la communauté. Vous ne pouvez pas vous asseoir et attendre bien sagement que les clients fassent le travail d’innovation ou de création à votre place. Même s’il s’agit des clients inventeurs, il faut observer ce qu’ils font dans leur élément naturel, comment ils essaient de réaliser leurs désirs, leur improvisation et la customisation apportées. Puis formaliser ce projet dans sa continuité.

  • Fournissez-leur des outils et une feuille de route pour innover. Donnez-leur la possibilité de mélanger, coordonner, développer, personnaliser les produits et leur promesse. Les logiciels, par exemple, permettent justement de servir de support à ces actions. Encouragez les à partager toutes ces contributions avec les autres clients. Trouvez un moyen de commercialisation de leurs inventions.

  • Encouragez et récompensez vos clients pour l’aide fournie aux autres. Vos clients connaissent les avantages et inconvénients de vos produits et process. Invitez vos clients experts à classifier et catégoriser vos données et produits de façon à donner du sens aux autres clients et prospects.
  • Sollicitez leurs recommandations et suggestions pour des fonctionnalités supplémentaires et pour des idées de nouveaux produits. Mettez au point un système qui permette de solliciter l’aide des clients, grâce au Directeur du développement ou l’Animateur de la communauté pour faciliter et concentrer cette communauté de clients gourous et récompenser les clients pour avoir donné leur savoir et / ou les payer pour leur aide.
  • Prenez très au sérieux les clients solutionneurs de problèmes et les clients gourous. Leurs solutions devraient constituer votre feuille de route pour les 12 mois à venir.

  • Soyez actifs et participatifs. Créez des communautés de clients, observez et participez aux communautés en ligne auxquelles vos clients sont attachés. Pour cela, ne vous contentez pas d’intégrer un forum de discussion dans votre site Web. Recrutez et stimulez le bon groupe de personnes pour être des consultants dans des discussions entre clients et avec vos salariés. Il vous faut fournir une ligne de conduite pour la participation et soyez explicite sur vos attentes. Lorsque vous observez les discussions publiques en ligne, concernant vos produits ou marché, faîtes connaître votre présence et laissez les discussions se faire sans entrave.
  • Mettez en place un programme pour encourager et aider les clients promoteurs ou groupies de votre marque ou produits. Même les fans les plus fidèles ont besoin d’être encourager pour les faire parler. Offrez à vos clients des primes pour la promotion de vos produits ou services, même si c’est quelque chose qu’ils feront de toute façon naturellement. Collaborer avec eux pour savoir comment ils souhaitent promouvoir vos produits et services, il y a des chances pour qu’ils vous proposent une idée innovante de promotion à laquelle vous n’avez pas pensée. Et rappelez-vous que si les produits qu’ils promeuvent incluent leur propre contribution, ils n’en seront que plus enthousiaste à l’idée de les promouvoir.